
La matière comme fil conducteur
Des métiers d'art à la fabrication contemporaine, un parcours guidé par la précision, la curiosité et le goût du travail bien fait.
Je suis Matthieu Hacquebart, fondateur de La Fonderie Perdue, atelier spécialisé dans la fabrication de bijoux par le procédé de la cire perdue.
Installé à Quimper, j’accompagne bijoutiers, joailliers et créateurs dans leurs projets, de la préparation du modèle jusqu’à la fonte et, selon les besoins, jusqu’aux différentes étapes de finition.
La Fonderie Perdue est volontairement restée un atelier à taille humaine. Vous échangez directement avec la personne qui étudie votre projet, prépare sa fabrication et en suit la production.


Une histoire familiale dans les métiers d’art
Mon parcours s’inscrit dans une histoire familiale liée depuis longtemps aux métiers de la gravure et de la joaillerie.
La Maison Agry, fondée à Paris en 1825, fait partie de cet héritage familial. Au fil des générations, la gravure héraldique, les monogrammes, les cachets et les objets réalisés sur mesure y ont occupé une place centrale.
J’ai grandi avec cette culture du dessin, du métal et du travail artisanal, où la qualité d’une pièce dépend autant de sa conception que de la précision de son exécution.
Cet environnement a naturellement nourri mon intérêt pour les métiers d’art et le travail de la matière.
Une formation à l’École Boulle
J’ai ensuite choisi de me former à l’École Boulle, à Paris, dans les métiers du métal, de la monture en bronze et de la ciselure.
Cette formation m’a appris à regarder une pièce dans son ensemble : comprendre sa construction, anticiper les contraintes de fabrication et accorder de l’importance aussi bien au geste qu’à la préparation qui le précède.
Elle m’a également donné une approche très concrète du travail artisanal, où chaque détail compte et où la qualité finale dépend souvent de décisions prises bien avant les dernières étapes de finition.


De l’atelier à la course au large
Mon parcours m’a ensuite conduit vers un univers très différent : celui de la course au large.
Pendant plusieurs années, j’ai travaillé sur des projets techniques liés notamment au Vendée Globe.
Dans cet environnement, la précision n’est pas seulement une question de finition. Il faut anticiper, organiser, résoudre des problèmes rapidement et concevoir des solutions capables de fonctionner de manière fiable dans des conditions particulièrement exigeantes.
Cette expérience a profondément influencé ma manière de travailler aujourd’hui : préparer avant de produire, comprendre les contraintes en amont et chercher des solutions simples, fiables et adaptées à chaque projet.
Le retour au travail de la matière
Après plusieurs années dans cet univers technique, j’ai souhaité revenir à ce qui avait marqué le début de mon parcours : le travail du métal et la fabrication.
J’ai créé La Fonderie Perdue à Quimper en 2021.
L’idée était de construire progressivement un atelier capable de réunir plusieurs étapes de fabrication habituellement confiées à différents intervenants.
Aujourd’hui, La Fonderie Perdue rassemble au même endroit :
modélisation 3D, impression 3D, moulage, fonte à cire perdue et finition.
Cette continuité permet de mieux maîtriser le passage du dessin ou du fichier numérique jusqu’à la pièce métallique.


Un seul interlocuteur, plusieurs savoir-faire
Je ne souhaite pas faire de La Fonderie Perdue une grande unité de production.
La taille de l’atelier permet au contraire de conserver de la souplesse et de travailler aussi bien sur une pièce unique, un prototype ou une petite série.
Chaque projet est étudié en fonction de ses contraintes propres : géométrie de la pièce, métal choisi, procédé de fabrication, niveau de finition ou répétabilité recherchée.
Lorsque plusieurs étapes sont nécessaires, elles peuvent être suivies dans le même atelier, avec un interlocuteur unique du début à la fin du projet.
Entre savoir-faire traditionnel et outils contemporains
La manière dont je travaille aujourd’hui est finalement le résultat de ces différents parcours.
D’un côté, une culture ancienne des métiers d’art, du dessin et du travail manuel.
De l’autre, une approche plus technique de la fabrication, associée aujourd’hui à des outils contemporains comme la modélisation et l’impression 3D.
Je ne les oppose pas.
La technologie permet de gagner en précision, en reproductibilité et en liberté de conception. Le regard de l’artisan reste indispensable pour comprendre la pièce, anticiper son comportement lors de la fonte et choisir la méthode de fabrication la plus adaptée.
C’est cet équilibre entre savoir-faire, technique et adaptation que je cherche à conserver dans chaque projet confié à La Fonderie Perdue.


